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RENOVA–MAEP : une nouvelle dynamique pour accélérer la transformation de l’agriculture béninoise

Le dialogue entre l’État et les organisations non gouvernementales actives dans l’agriculture durable franchit un nouveau cap. Reçu en audience ce jeudi 6 août 2026 par le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Monsieur Adin Yeton B. GOUBALAN, le Réseau national des ONG actives dans l’agriculture durable (RENOVA) a plaidé pour une implication accrue des acteurs non étatiques dans les projets/programmes de développement du secteur agricole béninois sous tutelle du MAEP. La rencontre a également permis de mettre en lumière le potentiel des innovations locales et plusieurs grandes orientations du Gouvernement pour accélérer la transformation du secteur.

RENOVA–MAEP : une nouvelle dynamique pour accélérer la transformation de l’agriculture béninoise

Le RENOVA veut passer de l’observation à l’action

Après la mise en place du nouveau Gouvernement, les différents secteurs stratégiques de l’économie béninoise poursuivent leur réorganisation et l’opérationnalisation des nouvelles orientations. L’agriculture, l’élevage et la pêche figurent parmi les secteurs au cœur de cette dynamique.

C’est dans ce contexte que le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (MAEP), Monsieur Adin Yeton B. GOUBALAN, a reçu une délégation du RENOVA conduite par son président, Monsieur Patrice SEWADE, également coordonnateur de l’ONG REDAD. Plus qu’une simple visite de courtoisie, cette audience a constitué un cadre de dialogue autour d’un enjeu essentiel : comment mieux connecter les politiques publiques aux réalités du terrain et aux initiatives portées par les acteurs locaux ?

À l’ouverture des échanges, le ministre a donné la parole à la délégation du RENOVA afin qu’elle présente ses préoccupations et sa vision.

Prenant la parole, le président du réseau a réaffirmé la volonté du RENOVA de renforcer son engagement aux côtés de l’État et de passer d’une posture d’observation ou de critique à une implication plus directe dans l’action publique.

« Quand on n’est pas là, on est tenté de dire quelque chose dont on n’est pas informé. Nous voulons vraiment que, par votre leadership, nous puissions être nous aussi au niveau de ces projets-là », a-t-il déclaré.

Deux attentes fortes sur la table

Fort de son implantation nationale, avec plus d’une centaine d’ONG membres réparties dans les 12 départements et 77 communes, le RENOVA a formulé deux attentes majeures.

La première porte sur l’implication du RENOVA dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des projets du portefeuille du MAEP. L’enjeu, pour le réseau, dépasse la seule participation des ONG. Il s’agit de faire de l’ancrage territorial un levier d’efficacité des politiques agricoles. Car aucune transformation durable du secteur ne peut pleinement réussir sans s’appuyer sur les acteurs qui connaissent les réalités des territoires, les contraintes des producteurs et les aspirations des jeunes et des femmes. À travers son maillage national, son expertise accumulée et sa proximité avec les communautés, le RENOVA souhaite ainsi contribuer à faire des programmes du développement du secteur agricole béninois, des réponses mieux adaptées aux réalités du terrain, plus inclusives et surtout plus susceptibles de produire des résultats durables à grande échelle.

La seconde concerne le soutien institutionnel du MAEP à l’organisation du Forum sur l’Agenda scientifique pour l’agriculture en Afrique (S3A). Le forum ambitionne de créer un espace national de dialogue entre chercheurs, décideurs publics, acteurs privés, organisations de la société civile et acteurs des chaînes de valeur agricoles.

L’objectif est notamment de favoriser une meilleure articulation entre la recherche, l’innovation et les politiques publiques, en appui aux efforts de transformation engagés par le ministère.

Faire émerger les « pépites » agricoles béninoises

Autre sujet majeur porté par le RENOVA : la valorisation des innovations développées localement.

Dans les territoires, de nombreuses solutions technologiques, agroécologiques et organisationnelles sont expérimentées par des producteurs, des jeunes entrepreneurs, des organisations paysannes, des chercheurs et des ONG. Pourtant, plusieurs de ces innovations peinent encore à franchir le cap de l’expérimentation pour atteindre une véritable échelle commerciale.

Pour le RENOVA, l’enjeu est donc désormais d’identifier ces « pépites », de documenter leur potentiel, de les accompagner et de créer des passerelles avec les entreprises capables de les porter à grande échelle.

Une dynamique qui pourrait notamment s’inspirer des mécanismes de transformation et d’industrialisation observés au niveau de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ).

Le MAEP promet une plus grande ouverture

La démarche du RENOVA a reçu un écho favorable auprès du ministre.

Saluant la structuration et l’ancrage territorial du réseau, l’autorité ministérielle a reconnu le rôle que peuvent jouer les ONG nationales dans l’accompagnement des politiques publiques.

« À partir de maintenant, je veillerai à ce que vous soyez au cœur de tout ce qu’on va concevoir ici. Désormais, vous serez davantage impliqués dans la conception et dans la mise en œuvre de toutes les initiatives et de tous les projets », a indiqué le ministre.

Une déclaration qui ouvre la perspective d’un partenariat plus opérationnel entre le ministère et les organisations de la société civile.

Le ministre a par ailleurs confirmé le soutien de son département à l’organisation du Forum S3A.

Des territoires au cœur de la transformation

Au-delà du partenariat avec les ONG, le ministre a partagé plusieurs orientations envisagées pour moderniser et durabiliser le secteur agricole.

Parmi les projets évoqués figure la création d’un véritable « poumon vert » aquacole à Cotonou. Le projet prévoit la transformation de 300 à 400 hectares de zones humides en étangs piscicoles à ciel ouvert.

Au-delà de la production de poisson, cette initiative entend développer une dimension d’agrotourisme à travers des circuits de pêche, de vente directe et de restauration sur place. Elle pourrait également contribuer à la reconversion de jeunes conducteurs de zémidjans vers les métiers de la pisciculture.

Autre ambition présentée : la création de réserves agricoles territoriales selon le principe d’« une commune, un poumon vert », avec une adaptation des productions aux avantages comparatifs de chaque territoire.

Dans le département du Plateau, notamment à Pobè, des réserves foncières de 5 000 à 10 000 hectares pourraient ainsi être sécurisées par l’État pour la production de cacao premium. Ces espaces seraient confiés à des agrégateurs privés et exploités avec la participation de jeunes agriculteurs.

Agro-industrie et restauration des paysages

La transformation du secteur devrait également s’appuyer sur le développement d’infrastructures structurantes.

Le ministre a notamment annoncé l’inauguration prochaine d’une grande unité de fabrication d’aliments pour animaux et de production de poussins d’un jour au niveau de la Zone industrielle de Glo-Djigbé.

La dimension environnementale n’est pas en reste. Le Gouvernement entend également renforcer le reboisement et la restauration des paysages à travers le développement de corridors forestiers de 3 à 5 mètres de largeur de part et d’autre de certains grands axes routiers.

Les axes Porto-Novo–Akpro-Missérété, Pahou–Ouidah et Ouidah–Hillacondji ont notamment été évoqués, avec la volonté de privilégier des espèces autochtones afin de préserver les écosystèmes et le paysage naturel.

Un réseau déjà à l’œuvre sur le terrain

La volonté du RENOVA de contribuer davantage aux politiques publiques s’appuie sur une expérience déjà importante dans les territoires.

Selon les données présentées par son président, les interventions coordonnées des ONG membres du réseau ont permis, en 2025, d’accompagner environ 25 000 producteurs et productrices dans les 12 départements, de former et de coacher plus de 4 000 jeunes agripreneurs et de contribuer au passage à l’échelle de plus d’une dizaine d’innovations agroécologiques et technologiques.

Le réseau a également contribué à la mobilisation de plus de 2 milliards de FCFA, soit environ 3,05 millions d’euros, dans le cadre de projets de recherche-action conduits avec des institutions de recherche du Bénin ainsi qu’avec des universités nationales et internationales.

Ces résultats illustrent le potentiel d’un réseau qui combine présence territoriale, capacité d’intervention, mobilisation de ressources et proximité avec les communautés.

Une nouvelle page dans le partenariat État-Acteurs Non Etatiques

L’audience du 6 août 2026 pourrait ainsi constituer le point de départ d’une nouvelle dynamique entre le MAEP et les organisations non gouvernementales engagées dans le développement agricole.

Pour le RENOVA, l’enjeu est désormais clair : mettre davantage son expertise, son ancrage territorial et ses capacités d’innovation au service des priorités nationales.

Pour le ministère, l’ouverture annoncée offre l’opportunité de mieux associer les acteurs de terrain à la conception et à la mise en œuvre des politiques publiques.

En rapprochant la vision stratégique de l’État, l’expertise des ONG, la recherche, l’innovation et les investissements privés, le Bénin entend poursuivre la transformation de son agriculture en un secteur plus moderne, plus compétitif et plus durable.

Une ambition qui devra désormais se traduire par des mécanismes concrets de collaboration, de la conception des projets jusqu’à leur mise en œuvre et leur suivi sur le terrain.

 

Ccom

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